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EUTHANASIE, L'IMPOSSIBLE LOI » HISTOIRES de MÉDECIN | Bloguez.com ♥ Blog

 EUTHANASIE, L'IMPOSSIBLE LOI

27/1/2011

citation :

Tu ne meurs pas de ce que tu es malade ;
 tu meurs de ce que tu es vivant.

     (Montaigne   Extrait des Essais)

Toute chose est prête si l'esprit est prêt
(Shakespeare)

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«La question est de savoir si la société est en mesure de légiférer pour s'accorder le droit de donner la mort»
(F. Fillon)
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L'empathie de l'homme envers le monde va si loin qu'il se confronte à des débats de conscience illégalisables (selon le monde) mais qui seraient Légalisable (en l'Esprit). Son intellect et son "réseau social" incontrôlables, font de lui un conquérant et un décadent. C'est au prix d'espèces et de la planète qu'il concrétise ses désirs, non selon le Sens. Aussi le Cœur en dérive, l'humain n'est pas encore prêt à vivre dans la Légalisation (la Loi de l'Esprit). L'IVG, le sang de cordon, les mères porteuses, l'homosexualité, l'euthanasie resteront pour longtemps, légalisés ou pas, un problème essentiel.

Pour comprendre l’interrogation éthique sur l’euthanasie, il nous faut résoudre trois questionnements, celui de la valeur authentique recherchée, celui de l’obstacle que représente l’humain, celui de l’Esprit capable de le convertir à la valeur.


La valeur dignité ? “Nous voulons une mort digne”. À bien y regarder, les mots sont souvent des approximations plus ou moins conscientes. Si c’est l’individu qui parle de sa propre dignité, c’est-là le seul regard de sa propre Conscience sur lui-même. Si c’est le monde qui parle de la dignité d’une mort quelconque, c’est parler seulement du respect envers toute mort. Oui mais qui a ce regard de vérité sur sa propre Conscience ? Qui sous ce mot magnifique de dignité est prêt à la véritable attitude d’acceptation de sa propre vulnérabilité, de son propre rabougrissement selon l’Ordre universel. Car tout dépérissement est œuvre mutilante. Et l’humilité capable d’accepter ce dépérissement sous le regard du monde sans jérémiade, voilà La Dignité. Faire corps et âme avec la Vie, telle qu’elle Est, et non telle que nous voudrions qu’elle soit, voilà l’authentique beauté. Notre minuscule orgueil fait pâle figure à vouloir modifier l’ordre du monde. Car modifier la ou les lois jamais n’atteindra la Loi ni ne la modifiera. L’orgueil devra toujours s’incliner devant la Vie. En fait sa dignité est de se dérober à la Loi, éviter le regard sur la mort, sur la maladie, sur sa tâche essentielle qui est de donner sens à sa vie (inclue sa mort). Voilà pourquoi 80 % des décès sont en totale solitude à l’hôpital. Voilà pourquoi 80 % des malades dans nos cabinets sont de faux malades, qui n’ont qu’un problème essentiel refoulé en mille symptômes. Voilà pourquoi il est une impossible loi (du monde) parce qu’existe déjà La Loi (en chaque Conscience), irrépressible, immanente. Voilà pourquoi notre dignité n’est qu’indignité, faux courage, faux combat, faux respect, fausse légalisation... Et pourquoi nous voudrions contraindre le corps médical à cette œuvre d’anéantissement.

Le problème n’est pas tant de transgresser la loi que de transgresser La Loi. Transgresser le sens de la Vie est La Faute absolue, ce qui ne veut pas dire impardonnable. Transgresser la loi ne risque que le châtiment conventionnel. Prenons le cas Vincent Humbert, l’exemple typique de cette réflexion. Tout ayant été fait, le choix bien lucide du malade exprimé, l’impossible vie d’un tel traumatisé, les souffrances physiques et bien plus psychiques ne pouvant être vraiment soulagées (en raison davantage des secondes), transgresser la loi (du monde) est licite. Transgressons-nous La Loi ? Une vie physique impossible dans l’instant, sans avenir possible, douloureuse en tout instant n’a plus de sens : nous pouvons et devons ôter la vie, sans oublier d’interroger la Vie. Toute La Vraie Morale est dans l’interrogation essentielle permanente, pour ne pas faire la part belle à l’orgueil toujours prêt à usurper l’Esprit. Toujours prêt aux dérives. Le Mystère de la Vie doit être-là respecté, magnifié, à l’exemple de nos ancêtres qui le ritualisaient pour rappeler notre devoir d’humilité.

Avant d’envisager qui pourrait être euthanasié, il nous faut donc bien cerner la valeur essentielle de notre pensée, de nos sentiments et croyances, de nos actes. Et nous verrons que nous nous efforçons de fuir nos défis essentiels, notre peur déformée en mille angoisses, notre bonté en fausses bontés, notre vérité en mensonges, la justesse en fausse justice... Que si l’inverse nous est bien arrangeant nous fuirons pareillement : si notre parent comateux nous permet de jouir de sa rente, nous le laisserons en soins coûteux de réanimation des années. Oui la dignité, la vérité, la bonté, la justice... que valent ces mots-là en nos consciences à géométrie variable ???

J’ai vécu mille situations de décès en réanimation, au prématuré, en tout service d’hôpital, à domicile.. Hors “l’injection mortelle” bien connue et hors les horreurs de la guerre (ce dont je remercie le ciel) j’ai tout connu, je crois. La société, l’individu ne sont pas mûrs pour envisager avec une spiritualisation à la hauteur de l’évènement l’acte d’euthanasie. Ce n’est pas le cinéma de l’acte d’IVG ou en Belgique, d’euthanasie, qui prouve le contraire. La conscience morale (conventionnelle) ne peut être à hauteur de l’évènement. Mais avec une Conscience Morale authentique, nous aurions davantage une claire vision sur l’euthanasie. L'évolution attend l'homme en d'authentiques transgressions. Mais pour ce Plus de Vie, sa complicité harmonieuse est la condition. Plus il saura gérer sa vulnérabilité vitalement, plus la Loi lui sera clémente. Pour cet Esprit-là, le chemin est encore long.

C'est pourquoi avec Fillon, je pense que les sociétés humaines ne sont pas prêtes. Il leur manque la hauteur spirituelle. Ce qui n'a rien à voir avec les religions, qui autant que de vieux démons de peurs diverses nous hantent et nous attachent au passé et à nos morbidités. Un jour l'homme aura cette clairvoyance. En attendant débattons en nos divisions et apprenons l'indulgence et la lucidité.

Tags : fausses valeurs transgression dignite conscience euthanasie tuer ou ne pas tuer

Catégorie : ÉTATS D'ÂME de médecin Ecrire un commentaire | Print/Imprimer

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