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MÉDIATOR ET MÉDECINS, L'AFFAIRE... » HISTOIRES de MÉDECIN | Bloguez.com ♥ Blog

 MÉDIATOR ET MÉDECINS, L'AFFAIRE...

10/5/2011

 Accepter d'être Rien c'est commencer à être grand : se sentir moins tordu c'est déjà grandiose.

MÉDIATOR, HORMONE DE CROISSANCE,
 SANG CONTAMINÉ...

Jusqu'où l'humain est-il prêt à tomber dans l'illusion, jusqu'à quelles souffrances ?

Voilà que les français se retournent contre les médecins en les voulant faire payer les erreurs du médiator. C'est pas nouveau. Nous sommes si civilisés aujourd'hui qu'il nous faut faire payer qui vous porte assistance, qui tâche avec les moyens dits modernes de vous aider dans la somme colossale de difficultés qui sont de votre fait.

N'ayant jamais prescris d'hormone de croissance à des mères angoissées de la petitesse Normale d'un enfant, vous jugeant incompétent, forcément ; n'ayant prescris le médiator qu'en renouvellement d'ordonnance en garde à des "non-clients" je suis à l'aise pour dire ce que je pense. Le médiator je l'ai vite jugé inefficace lors des premiers remplacements, donc inutile. À l'inverse, j'ai prescris mais très peu l'isoméride (jamais renouvelé plus d'une ou deux fois)  beaucoup plus efficace, dérivé du médiator. J'ai toujours eu pour principe de refuser les traitements de facilité. Que c'est dur d'affronter l'incompréhension d'une malade qui en sait plus que vous, et vous en veut de votre si peu de compétence, de gentillesse, de... Là est l'insuffisance médicale : notre facile réponse aux demandes de facilité du monde. La réalité de 80 % des malades se situant dans l'idée qu'ils se font de leurs difficultés. Or par principe toute difficulté est insupportable à notre orgueil déifié. N'est-il pas inadmissible au XXI ème siècle que Mon Honorable Personne souffre ? Alors comprenons que pour le médecin la tâche devient impossible, à tâcher de réveiller ces endormis que nous sommes tous, finalement médecins compris. Plus facile est la tâche d'ainsi répondre dans une hypnose quasi générale, à l'exigence du monde sans voir qu'elle mène droit dans le mur des incompréhensions contradictoires et des conflits.

On s’enthousiasme d’une vie de rêve non d’une dure réalité, d’illusion non de vérité. On ne cherche pas à jouir des valeurs sensées mais à s’enrichir et se valoriser d’artifices somptueux (maison, chien, bijou, fourrure) ni à aimer l’amour mais à romancer sa petite vie idéale, du partenaire idéal. On ne cherche pas à bien manger, se soigner, bien vieillir, bien jouir du sport, mais à rajeunir ni à bien s’épanouir sexuellement mais la performance ni à bien réussir mais la célébrité. On ne cherche pas à utiliser sa force mais la sur-puissance ni à assainir la pensée, l’affectivité, la croyance mais à se purifier d’imperfection par gadgets ou exercices mortifiants. On ne cherche pas à éduquer mais à éradiquer le racket, le viol, la pédophilie, la toxicomanie ni se sécuriser d’une force intérieure et physique mais le zéro SDF, zéro délit, la «tolérance zéro», le risque zéro. On cherche l’illusoire. Si insensé est le projet rêvé qu’il faut justifier l’impuissance, déguiser l’impossible aveu de la bêtise en un abîme d’absurdités.

Il est heureux que les juges savent reconnaître les affects débridés des accusations et des jérémiades modernes. Un peu de lucidité dans ce monde de folie rassure.

Chacun doit se changer non attendre le miracle du politique, du médecin. La vie à zéro difficulté est illusion, non-Vie, néant. Expérimenter le sens est l’authentique exigence. De prétendus droits inaliénables (au bonheur, à la santé, à la vie, à la mort, à l’innocence, au logement, à la richesse, à l’indemnité réparatrice d’un deuil) nourrissent de victoires tordues. Il faut toujours faire payer l'erreur humaine ou technique de l'autre (le pilote de bus, ou d'airbus, le maire incompétent  d'une commune, le propriétaire imprévoyant qui vous blesse là où rien ne vous obligeait d'aller, le médecin que vous seul choisissez... Plus l'homme s'entiche de services, plus il s'attache au monde, plus il se fait irritable, envieux, accusateur, cupide et complètement maboul. Qui vous oblige à prendre le bus ou l'airbus, à habiter une zone inondable ou sismique ou.. , qui vous oblige à vous droguer (de jeu, d'alcool, de tabac, de nourriture, de tout excès en vos désirs..), qui vous oblige à choisir le stupide aveuglement toujours bien commode.., à entrer en guérilla ou en guerre pour des croyances ?

On ne peut plus faire son deuil aujourd'hui sans qu'on vous amène une tête sur un plateau et, et... la rente qui va avec ???!! On peut bien faire des réformes, au ministère de l'éducation, tous les ans, je crois qu'on n'a pas encore défini l'éducation. Cette éducation-là n'est que soumission aux exigences des braillards modernes ? Le mal ne cesse d'infiltrer la culture et la civilisation. Et si le monde va vau l'eau c'est pas fini. Ne désespérons pas, c'est là le travail de l'évolution. Il faut simplement le savoir et l'accepter. Accepter la Vie (cet Esprit) serait le premier principe éducatif, soit l'humilité. Accepter d'être Rien c'est commencer à être grand : se sentir moins tordu c'est déjà grandiose.

OUI, complètement mabouls
Nous sommes.

Tags : mediator medicament sang contamine hormone de croissance tual jean pierre

Catégorie : ÉTATS D'ÂME de médecin Ecrire un commentaire | Print/Imprimer

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